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Historique

De par sa situation géographique (versant Sud du mont Saint-Quentin), l’histoire de Scy-Chazelles est indissociable de celle du Saint-Quentin.

LES ORIGINES DU VILLAGE

Le nom de « Scy » a probablement une étymologie gauloise correspondant au mot source. De nombreuses sources jaillissent du Mont Saint-Quentin et viennent encore aujourd’hui, se déverser dans les fontaines du village. Les Romains surent l’exploiter puisque des restes d’aqueduc souterrains, antérieurs à celui de Jouy Aux Arches, ont été découverts en-dessous de Scy-Chazelles en 1840.

Le nom de « Chazelles » remonterait, d’après les historiens du pays, au temps de l’occupation de la Gaule par les Romains. Les riches bourgeois de « Divodurum » (Metz d’alors) y construisirent des villas qu’ils protégèrent par un castellum.

Les deux localités ne furent réunifiées qu’en 1809, d’où le nom de Scy-Chazelles.

LE MONT SAINT-QUENTIN

Les origines

Aux temps les plus reculés, on y vénérait, semble-t-il, des dieux païens. En 825, Drogon, évêque de Metz, y consacre une église en l’honneur de Saint Quentin, martyr romain (303), dont il avait obtenu des reliques. C’est certainement de là que le Mont Saint Quentin tire son appellation. Ce sanctuaire servait de centre à une paroisse formée de quatre villages : Chazelles, Longeville, Plappeville, et Scy. Au cours des âges, cette église fut souvent envahie par des brigands ou par les troupes assiégeantes.

La vigne

Les vignes de Scy Chazelles

Les pentes du Mont Saint-Quentin étaient jadis recouvertes de vignes.

Dès le IIIème siècle, les vignobles se multiplient en Lorraine, mais il est difficile de préciser la surface. Les seigneurs ecclésiastiques encouragent cette culture pour les besoins des cérémonies et pour leur consommation personnelle. Il s’agit d’une culture privilégiée protégée de palissades, de haies ou de murs. Assez restreinte aux origines, elle s’étend par la suite et on retrouve des vignobles autour de Metz aux VIIIème et IXème siècle. Jusqu’aux Xème et XIème siècles, les vignes sont désignées par « clos » ou « vignes » tels que Rembavigne à Scy ou Gerartvigne à Chazelles. Aux Xème et XIème siècles, la vigne supplante la quasi-totalité des terres cultivées, non seulement les coteaux mais également les plaines de la Moselle. La culture de la vigne poursuit son essor tout au long du Moyen-âge. De plus en plus, les seigneurs sont obligés d’en partager les revenus avec la bourgeoisie messine, devenue très prospère grâce au développement du commerce et de la finance.

Au début du XIVème siècle, la situation se dégrade du fait de la concurrence des vins étrangers plus raffinés et du fait de la hausse des salaires. De 1382 jusqu’au XVème siècle, il est interdit de planter de nouvelles vignes.

Toutefois, les guerres entre la République Messine et le duc de Lorraine, furent en partie motivée par la possession de cette richesse ; et bien que plusieurs fois détruites par des opérations militaires, le vignoble fut chaque fois replanté. Au XVIème siècle l’arrivée d’une importante garnison à Metz, offrit de grands débouchés à une production abondante mais de moindre qualité. Plus tard, à partir de 1635, la guerre de Trente ans se répandit dans le pays messin et y occasionna d’importants dommages. A peine remise de ces actes de brigandage, la vigne changea de propriétaires car la révocation de l’édit de Nantes, contraint une bonne partie de la bourgeoisie protestante messine à émigrer et à abandonner leurs exploitations. Elles furent reprises par des artisans et commerçants de la ville ainsi que par des membres du Parlement de Metz. Ils assurèrent la prospérité des vignobles si bien qu’à l’aube du XIXème siècle, un recensement montre que la moitié des surfaces des villages du Mont Saint Quentin est recouverte de vins dont près d’un tiers à Scy et Chazelles. Toutefois l’industrialisation détourna les capitaux de la vigne, le développement du chemin de fer amena les vins du Midi, et le développement des cultures maraîchères conduisirent les vignobles du Saint Quentin sur le déclin. Après un court répit durant l’annexion allemande qui lui apporta à la fois de nouveaux débouchés et une protection de la concurrence des vins du Midi, le vignoble ne résista pas au phylloxera.

Les Fortifications du Mont Saint-Quentin

1 Fortifications

A 358 mètres d’altitude, le mont Saint Quentin domine de 180 m le confluent de la Moselle et de la Seille (et la colline Sainte Croix) où s’est développée la ville de Metz.

Après une vocation religieuse (oratoire) ce haut lieu eut donc forcément une vocation militaire, d’abord comme observatoire (1552, Télégraphe de Chappe 1793) puis, la portée des armes augmentant, comme un obstacle défendu par le feu interdisant à l’ennemi de pouvoir, de ce côté, voir et tirer sur la cité.

A partir de 1864, la menace prussienne, amplifiée après Sadowa (1866) et la portée des canons rayés poussèrent Sere De Rivieres à réaliser une première ceinture de forts autour de Metz (le promontoire est du Saint Quentin, Plappeville, Saint Julien, Queuleu Et Saint Privat). Au Saint Quentin, une fortification trapézoïdale contenait 4 ou 5 bastions d’artillerie et d’infanterie et, sur les glacis, des positions d’artillerie non-couvertes. Au total 38 pièces pré-réglées sur 38 objectifs, 692 militaires dont seulement 150 fantassins, 60 tonnes de poudre etc….. Mais déjà des restrictions budgétaires et des considérations politiques retardèrent les travaux qui ne débutèrent vraiment qu’en 1868. Deux ans plus tard l’ouvrage n’était pas terminé et ne servit qu’indirectement aux troupes assiégées.

De 1871 à 1895, le Saint Quentin fut un chantier permanent continuant et renforçant ce qui existait. De 1872 à 1880 fut créé le fort Manstein à l’ouest de la colline pour que l’ensemble put intervenir à 360°. En 1875, le fort Est (Ostfront) fut achevé. En 1883, l’apparition de la mélinite, un explosif plus puissant, obligea de renforcer les superstructures des 2 forts. A partir de 1885, la tension croissante avec l’Allemagne nécessita de rendre cette première ceinture plus efficace et, à partir de 1896, d’en réaliser une seconde plus éloignée de la ville (en raison de la portée accrue des canons). Au Saint Quentin, la défense fut améliorée par la réalisation d’une batterie 2 pièces de 21 cent. sous casemate entre les forts d’une pièce avancée vers le sud-ouest, d’observatoires cuirassés et, au centre, d’un casernement important : le fort Saint Quentin. L’ensemble des 2 ceintures : la « Moselstellung » fut ainsi, à la fin du 19ème siècle, la plus grande forteresse du monde, au moins dissuasive. La ville de Metz ne fut pas attaquée en 1914/18. De 1918 à 1939, le groupe fortifié du Saint Quentin, (Girardin à l’ouest, Saint Quentin au centre et DIOU à l’est) resta inoccupé. En 1939/40 il servit de P.C. à la Défense Aérienne du Territoire.

Fin 1944, Girardin servit de P.C. à l’école d’élèves officiers. Autour du 1er septembre, de très précieuses archives messines stockées par précaution au fort Saint Quentin furent incendiées et détruites. Volontairement ? Plutôt, un intendant allemand, en raison de la rapide offensive américaine fit brûler un stock d’habillement rangé dans les casemates voisines…. Le feu gagna…..et l’intendant fut fusillé (non à cause des archives messines mais pour avoir paniqué). Puis, le Saint Quentin fut le P.C. du colonel Richter du 1217ème Volksgrenadierregiment, puis celui du colonel Stoessel. Il fut débordé le 19 novembre par le 1/378ème R.I. de la 95ème D.I. du XXème Corps de la 3ème Armée Patton puis assiégé par les 1/10me puis II/11me R.I. de la 5ème D.I. Le 6 décembre, Stoessel, 21 officiers, 124 sous-officiers et 458 hommes se rendirent.

LE VILLAGE ET SES EGLISES

Le village s’étend en trois parties sur le versant sud du Mont Saint Quentin.

La partie haute est caractérisée par ses rues étroites, ses vieilles maisons lorraines accolées les unes aux autres et ses fontaines. L’esplanade près de l’église permet de contempler la ville de Metz sous les marronniers plusieurs fois centenaires.

Au centre, 200 mètres plus bas environ, Chazelles présente un intérêt historique de premier plan car c’est là que vécut Robert Schuman, (1896 – 1963). A quelques pas de sa maison, se dresse l’église fortifiée, sans conteste joyau de la commune où est inhumé Robert Schuman.

La partie basse de la localité sur la RN 3 est de construction plus récente. On y trouve la plupart des installations destinées aux enfants, de la micro-crèche à l’école primaire en passant par le périscolaire (accueil, centre de loisirs, cantine), ainsi que la bibliothèque.

Scy Chazelles est aussi un haut lieu spirituel puisqu’on y compte deux couvents (le monastère de la visitation et la Maison du Sacré Cœur) ainsi que deux églises.

L’église Saint Rémi est de style mi roman, mi gothique et elle est remarquable par ses piliers carrés. Dédiée à Saint Rémi, on situe son édification à la fin du 6ème siècle. Son clocher, restauré en 1850 date des 11 – 12ème siècles. On peut admirer à l’entrée une vierge à l’enfant en pierre datant du 15ème siècle. Dans le transept gauche, un magnifique vitrail du début du 16ème siècle et une pierre tombale du 17ème siècle. Le maître autel en bois peint et doré ainsi que l’autel latéral à droite sont du 18ème siècle. L’autel actuel en marbre d’Italie et le dallage datent de la restauration de l’église de 1968.

L’église fortifiée

On situe sa fondation église vers le XIIème siècle. Elle fut fortifiée par la suite afin de mettre à l’abri les habitants des pillards et des brigands. A l’étage se trouvait la salle d’armes et au-dessus du chœur on distingue les restes d’une cheminée. C’est là qu’on préparait l’huile bouillante et le sable brûlant qui servaient de projectiles contre les assaillants. Après 1870, sous l’annexion allemande, l’église fut classée monument historique et TORNOW ajouta des contreforts en pierre de taille. C’est en 1966 que cette église fut restaurée pour abriter la dépouille de Robert Schuman.